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Rage punk
Slaves – Are You Satisfied?

Slaves, des esclaves. C'est une première idée pour Noël, un beau cadeau. On vous assure que ça va dépoussiérer votre appart comme jamais, ou y créer un beau bordel. Peut-être même que vos voisins viendront voir ce que vous être en train de foutre. On parle pas de vrais esclaves; au Ptit Ju, on a une morale, une conscience, même une ligne de conduite – la ponctualité en premier. Nan et puis, de vrais esclaves, en plus, c'est trop cher. On parle de Slaves, un duo punk britannique pas vraiment servile.

Par AP, le - Ed. 40

Sortie: 11 mai 2015
Durée: 37′
Label: Virgin EMI
Site: www.youareallslaves.com

 

Accent du Kent

Are you satisfied?, êtes-vous satisfaits? D’emblée l’album nous pose la question, avec sa couverture, l’une des plus moches et kitsch de l’histoire du disque (effet voulu, certainement, même si les larrons aiment les chiens), ce fond magenta qui ne lâche rien, et ses accents du Kent à vous faire bouffer l’ennui de l’est britannique. Alors, satisfaits? Difficile à dire en ayant écouté l’album d’un bout à l’autre: on a sauté, tout oublié, tout fracassé, comme des sauvages, mais voilà qu’après 37:37, ça se finit et le monde revient à sa réalité emmerdante. Alors il faut réécouter, encore.

C’est du punk, bordel

C’est que les deux bougres Laurie Vincent et Isaac Holman savent y faire. Après un EP auto-produit en 2012, Sugar Coated Bitter Truth, ils reviennent ici avec une production professionnelle pour leur premier album studio. Et ça sent bon l’Angleterre punk. Certaines pages vous diront que Slaves est un duo à la convergence de plusieurs styles, avec des substantifs qui sentent bon les sophismes: mélange de grime par-ci, de garage par-là. Faux!, putain mais FAUX! Slaves c’est une réminiscence punk, c’est la mémoire vivante du punk. Peut-être même qu’ils l’ont ressuscité. En tout cas, certainement que Johnny Rotten et Iggy Pop doivent entendre des fantômes dans les riffs de Slaves sans même avoir consommé.

L. Vincent, à la guitare, et I. Holman, qui fait de la percu comme un bûcheron fend ses billes, soit avec force délicatesses, et chante de même, produisent un son et une énergie plus punk que tout ce qui s’en est rapproché ces dix derniers années. Une débauche de riffs rapides, un martèlement binaire, un chant qui tient souvent de la déclamation, de la dénonciation crachée même, on tient là un album bestial, et assez d’ardeur pour illuminer et détruire une scène.

Friandises feutrées

Les vidéos de Slaves sur la Toile montreront parfaitement ce dont le duo est capable. Les chemises et t-shirt dans le pantalon ne sont que pour la forme, pour le contraste, au début. C’est à torse-nu que Slaves existe. « Sockets », troisième morceau, vous prendra au même jeu, vous faisant croire à un riff garage gentillet pendant 15 secondes, dont la vitesse est multipliée par 10 d’un coup et vous embarque dans sa rage. « Hey » a le même effet: protégez, à l’écoute, tout objet fragile ou aisément volatile, car ici, l’énergie est encore plus destructrice. Il est rassurant de savoir que tous les morceaux ne valdinguent pas autant. « The Hunter » est une autre effigie punk, d’une fureur flegmatique. Du punk festif, comme on l’aime donc, qu’il faudra à tous les coups aller choper sur scène: « Cheer up! »

 

Quelques bonus:
« Sockets »

 

La critique de Slaves par Rock&Folk


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