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Le film à voir... Ou pas!
True Detective: saison 1

Le mois passé, nous avions décidé de changer un peu et d’amener de la variété dans les conseils cinéma mensuels. Plutôt qu’un film, Le P’tit Ju vous avait recommandé la mini-série «P’tit Quinquin». Comme personne ne nous a reproché cette entorse aux traditions ni n’a demandé à l’infâme rédacteur qui avait osé la nouveauté de se dénoncer sur la place publique, nous en avons conclu que, dans le pire des cas, ce conseil vous avait laissé indifférent. Du coup, on a décidé de récidiver en vous conseillant une nouvelle série télévisée qui vous permettra d’occuper vos longues soirées de novembre. Mais si vous voulez tout savoir, nous avons tout de même apprécié plusieurs films qui passeront dans nos salles dans le courant du mois. À commencer par le génial «Mommy» du jeune Xavier Dolan. Mais passons, il est l’heure de se rendre en Louisiane, sur les pas d’un mystérieux tueur en série...

Par TG, le - Ed. 31

Une série créée et écrite par : Nic Pizzolatto

Réalisée par: Cary Fukunaga
Avec: Matthew McConaughey, Woody Harrelson, Michelle Monaghan
Genre: Polar

étoile_5

Deux époques, une enquête

C’est donc en Louisiane que nous emmène la première saison de True Detective. Tout commence en 1995, lorsque les inspecteurs Rust Cohle (le très en vogue Matthew McConaughey, actuellement à l’affiche d’Interstellar, vu et approuvé par votre humble serviteur) et Martin Hart (Woody Harrelson) tentent de résoudre le meurtre d’une jeune femme retrouvée coiffée de bois de cerfs et tatouées de dessins rituels. Rapidement, la narration des épisodes va alterner entre deux époques: celle de l’enquête et 2012. Pourquoi 2012? Parce qu’un crime similaire à celui de 1995 a été commis durant cette année. 17 ans après l’enquête initiale, les deux inspecteurs ont tous deux quitté la police et sont contactés par les détectives qui ont rouvert le dossier. C’est ainsi que deux intrigues, étroitement liées malgré les nombreuses années qui les séparent, vont être traitées en parallèle grâce à de nombreux flashbacks.

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Deux personnages forts 

Si cette première saison a tant marqué les esprits et s’est imposée, pour beaucoup, comme la meilleure chose qui soit passée à la télévision cette année, c’est essentiellement dû à la qualité de son duo de personnages. Tout semble opposer ces deux détectives qui font équipe. De son côté, Martin est on ne peut plus terre-à-terre. Père de famille légèrement autoritaire qui siffle ses bières sur le canapé après le travail, il a tout de l’Américain moyen macho sur les bords. Quant à Rust, il s’agit d’un flic torturé (il paie encore son passé d’agent infiltré dans les stups) et solitaire. En proie à des hallucinations, il parle peu. Et quand il l’ouvre, c’est pour noyer son collègue dans des diatribes nihilistes, misanthropes et extralucides.

Voilà un moment qu’une série télé ne nous avait plus gratifiés de personnages dotés d’un tel relief et instantanément attachants. Si les logorrhées aux accents nietzschéens de Rust paraissent parfois trop écrites au point de friser l’artificiel, la performance habitée de Matthew McConaughey parvient à rendre le tout plus fascinant qu’agaçant.

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Du cinéma pour petit écran

La qualité d’écriture des personnages est loin d’être la seule force du show. Si vous en doutiez encore, True Detective va vous convaincre que la télévision n’a plus à pâlir de la comparaison avec le cinéma. Les huit épisodes de cette première saison sont tous réalisés par Carry Fukunaga. Après avoir tourné Sin Nombre et Jane Eyre, deux films qui m’avaient déjà particulièrement séduit, le réalisateur américain a donc décidé d’exporter son talent sur petit écran (alors que nous sommes plutôt habitués à voir des gens passer de la télé au cinéma). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le changement de média n’entache en rien le talent du monsieur. Les huit épisodes bénéficient tous d’une mise en scène soignée qui affiche une véritable personnalité. Bien entendu, tout le monde retiendra comme moment le plus impressionnant de la saison le final du quatrième épisode: un plan-séquence de près de dix minutes lors d’une fusillade nocturne. Absolument dantesque!

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La leçon de HBO

La chaîne câblée américaine frappe donc une nouvelle fois un grand coup. Avec son casting cinq étoiles, son suspens qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement, ses personnages forts, les bayous de Louisiane sublimés par d’imposants plans aériens, sa musique folk envoûtante, la noirceur de son enquête truffée de symbolisme et sa construction narrative virtuose (les derniers épisodes font s’alterner trois temporalités différentes avec un sens du récit bluffant), cette première saison de True Detective restera sans aucun doute dans les annales de la télévision, au même titre que Twin Peaks et X-Files. En espérant que la suite, actuellement en chantier, soit à la hauteur. Le casting de la deuxième saison (qui se basera sur une toute autre intrigue) vient d’ailleurs d’être dévoilé et ce seront Colin Farrel, Taylor Kitsch, Vince Vaughn, Rachel McAdams et Kelly Reilly qui auront la lourde tâche de succéder à Matthew McConaughey et Woody Harrelson. Derrière la caméra, le Taïwanais Justin Lin (à qui l’on doit quatre Fast and Furious…) remplacera Carry Fukunaga.

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