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Shopping et plus si affinités
Sex shop: frivolités DTC

Quand on part faire des courses, on pense soit manger, soit s'habiller, soit bricoler. Avec ces trois types, même sans être complet, on couvre déjà pas mal de besoins humains. Acheter son bout de bidoche pour le soir, ses sandales pour l'été, ses catelles pour la véranda, voilà le train-train habituel des mortels à la Mig', chez Dos' ou chez Horn'. Mais dans le va-et-vient infini des passants, il y a un magasin dont on n'ose pas reluquer franchement la vitrine, et dont l'entrée évoque un interdit presque excitant: le sex shop. Le Ptit Ju est allé y faire un tour, sans caddy mais plein de curiosité.

Par AP, le - Ed. 36

D’abord trouver, puis rentrer

Dans un premier temps, votre chroniqueur voulait se rendre dans un petit sex shop, cosy, à 11, Rue de Bourg, Lausanne. Mais après une demi-heure de recherche, je me décide à demander au salon de coiffure de la galerie si le sex shop se trouve bien ici. Premier sourire de coin à mon intention (il y en aura d’autres): « Non Monsieur, ça n’existe plus. Pas sûr que ça ait bien marché leur affaire ». Bon, un sex shop à côté d’un salon de coiffure et d’un magasin de musique, et surtout en face d’une garderie, c’était peut-être pas du goût de tout le monde. Le mulet du coiffeur et son sourire pourraient quand même nous faire croire qu’il a suivi une belle carrière à l’époque, et que lui n’était pas contre. Bref. On est pas là pour se faire raser la touffe.

Il faut aller ailleurs. Dommage. Au moins dans la galerie l’entrée se serait faite discretos. Mon deuxième choix se porte sur un magasin d’une grande chaîne suisse, en pleine ville de Lausanne, et, surtout, sur une allée bondée. La vitrine du magasin est plutôt évocatrice, impossible de se tromper. A côté, quelques papis vaudois sirotent du blanc sûrement délicieux et me regardent entrer, la mine enjouée. Entrer ni vu ni connu, raté. Je me lance à l’intérieur, un peu maladroitement. Il y a toujours une première fois, comme on dit.

A l’intérieur

Le pas de porte franchi, il faut encore oser bouger, aller plus loin. On n’entre pas si facilement dans un sex shop. Tout autour de vous semble vouloir vous attaquer, notamment à ma droite des godes pas très amicaux, qui me regardent d’un air hostile, le gland en l’air. Les tons noirs et cramoisis  n’améliorent pas les choses. Comme si ça ne suffisait pas, un de ces vieux signaux sonores signale que je suis entré. Je me dirige directement vers la caisse. La caissière arrive, je me présente et affiche mes intentions: « j’écris un article, j’ose faire un tour et prendre des photos? » Deuxième sourire goguenard de la journée; en même temps, si j’étais à sa place, en face, je me prendrais pour un jeune puceau qui vient ici pour choper la mi-molle. Le résultat est le même: pas de photos, désolé. De toute façon, à part des photos de la moquette couleur rouge menstruel, y aurait pas eu grand chose à proposer sans le passage du petitjurassien.ch sous catégorie X. Je regrette, vous vouliez des photos de boule, maintenant vous êtes obligés de lire. On se détend le slip quand même, la description des produits est au chapitre suivant. Je laisse donc la vendeuse qui reprend le tri d’un mètre cube de capotes en tous genres. Ma parole, ça doit copuler sévère à Lausanne!

« Assistance de l’amour »

Certaines photos auraient quand même pu valoir la peine. Celles des différentes sections par exemple. « Assistance de l’amour » par exemple, n’est pas une invention, mais le titre affiché sur les rayons de la section qui regroupe, au bas mot, 250 sortes de godemichets. « Assistance de l’amour », jugez plutôt; comme le TCS mais pour les questions de cul. J’ai été incapable d’obtenir le numéro d’urgence en cas de pépin, les vendeuses n’ont rien indiqué. Si certaines pièces coûtent et sont grandes comme un bras, le magasin a le mérite, semble-t-il, d’offrir un suivi des plus complets à ses clients fidèles. Certains appareils du plaisir (on s’essaie ici aux mêmes euphémismes que ceux proposés en magasin) bénéficient d’une garantie de dix ans! Mais même en dix ans, difficile d’imaginer une poutre casser aussi facilement, mais sait-on jamais.

A côté de cette section riche et variée, on retrouve toutes sortes d’objet et outils (oui, des outils, un peu comme dans un garage ou un atelier, par exemple) dont les spécificités n’ont de finalité que votre plaisir, quelque soit votre genre. Outre les classiques sous-vêtements et combinaisons, huiles et lubrifiants, calendrier et magazines, on retrouve dans l’assortiment des appareils dits pratiques, dont le mode de fonctionnement n’est pas vraiment évident à la vue du carton. Parmi les plus célèbres, on relèvera les strap-on (ne recherchez pas ce mot sur google dans les transports publics si vous voyagez à côté de quelqu’un), qui est en fait un gode-ceinture adaptable qui permettra à toutes et tous de se faire titiller le fondement si le coeur et les tripes vous en disent. Autre curiosité, une paire de fausses fesses qui permet à qui le veut de prendre en levrette ce qui ressemble en réalité plus à un escabeau. Pourquoi pas. Du goût et des couleurs, disait l’autre. Enfin, je ne saurais être exhaustif et rendre compte de la parfois superflue richesse de cette caverne d’Alibaba du sexe kitschissime. Dvds en tous genres, sets de bondage (pas de google non plus), menottes, etc, rien ne manque pour vous remplir de plaisir.

Si vous deviez, chères lectrices et lecteurs, être intrigués par ce quelques lignes, je vous conseille d’aller y jeter un coup d’oeil, et sortant de la Mig’, vite fait. Par contre, impossible d’essayer le matos: y a pas de cabines.

 

Free ride 2

©Vay


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