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Portrait
Rencontre avec Gilles Surchat

Entrevue du 21 novembre 2012 avec Vincent Kucholl au café «Le Saint Pierre» de Lausanne.

Par Stéphane Froidevaux, le - Ed. 14

Bien que l’établissement y propose de la Leffe et non de la Mort Subite, je me présente avec beaucoup d’avance aux portes du «Saint Pierre», bar lausannois fort sympathique dans lequel j’ai rendez-vous avec le non moins sympathique et avenant Vincent Kucholl. Electron libre du célèbre duo que ce dernier forme avec Vincent Veillon, il est à l’origine des nombreux personnages caractérisant la «suissitude» d’aujourd’hui, croquant avec justesse un florilège de portraits dont la pertinence – voilée de caricature – rend les «invités de la rédaction» de 120 secondes risiblement familiers. Parmi eux, nous rencontrons aujourd’hui notre incontournable «terroir iste» Gilles Surchat qui est désormais au village de Reconvilier ce que la table basse est à la fracture matinale d’orteil un lendemain de Saint Martin… à l’écoute de ma première question le regard de Vincent se fait bovin, le verbe hésitant et l’accent… bien de chez nous. Voici donc Gilles Kurchat ou Vincent Surcholl. Bref, je ne sais plus très bien à qui je m’adresse en ce début d’entretien volontairement décalé…

Stéphane: Gilles, parlons un peu de vos origines: de mère franc-comtoise et de père jurassien vous avez grandi à Bourrignon. Connaissant le terme de «souchien», néologisme caractérisant une famille de souche d’un endroit donné, peut-on dire que les Surchat sont «souchiens» de Bourrignon?

Gilles: (dubitatif) J’ai rien compris à votre jeu de mots. Mon père venait de Pleujouse et ma maman de France voisine. Et on n’avait pas de chien ni de chat mais un perroquet qui s’appelait Sam… et puis il y avait ma sœur.

Stéphane: Vous avez été marié n’est-ce pas? La première fois que vous avez connu la douceur d’une femme où était-ce et avec qui?

Gilles: Oui j’ai été marié mais pas très longtemps parce que ma femme est partie avec mon frère Benoît. Et puis elle était urbaine… elle aimait la ville alors elle est allée le rejoindre à Moutier et puis je n’avais pas eu le temps de consommer le mariage alors je ne peux pas répondre à votre question.

Stéphane: Question gastronomie: à Bourrignon y consomme-t-on de la fondue bourrignonne (ndlr: j’espère être nommé aux Carambars d’Or 2013 pour ce fameux jeu de mots)?

Gilles: (rires ironiques) Ah ah ah… c’est un excellent gag. On dirait que vous travaillez pour «Vigousse» (journal hebdomadaire satirique romand). Mais c’est rigolo ceci dit parce qu’à Bourrignon on y fait une fondue spéciale. On y met moitié de gruyère, moitié d’emmental et moitié de tête de moine.

Stéphane: Poursuivons avec votre difficile parcours et avec la gastronomie locale; vous avez été exclu de Bourrignon, dans la mesure où vous étiez contre l’implantation d’éoliennes à proximité du village. Peut-on parler de vous comme étant «l’évincé bourrignon» (ndlr: and the winner is…)?

Gilles: (rires ironiques) Ah ah ah… On dirait vraiment que vous êtes le rédacteur en chef de «Vigousse» mais je n’ai pas été évincé j’ai été chassé… le jeu de mots il marche plus avec moi.

Stéphane: Gilles Surchat vous avez travaillé pour Schaffter Pives SA au département du triage. Peut-on savoir ce que l’on fait avec des pives hormis des décorations de Noël?

Gilles: On peut faire plein de choses avec des pives. Par exemple de porte-clés et comme une pive c’est assez gros ça permet de ne pas perdre ses clés. On les voit toujours bien. Ca permet aussi de faire des bibelots pour mettre sur la cheminée ou alors des décorations dedans les toilettes. Par exemple vous avez la diarrhée, vous mettez une pive puis vous regardez et vous n’avez plus l’impression d’avoir la diarrhée.

Stéphane: A Reconvilier il existe une discothèque nommée «Le Perroquet» savez-vous quelle y est la mode capillaire actuelle?

Gilles: Oui c’est la mode à ras (ndlr: ara, jeu de mots imparable) mais moi mes cheveux, j’ai essayé de les faire à ras donc une petite brosse mais ils sont vite sales. Ils plaquent tout de suite sur l’avant et je n’ai pas réussi à faire une mini brosse.

Stéphane: S’ils sont gras n’est-ce pas dû à votre alimentation?

Gilles: Non c’est dû à mon sébum, j’ai dix fois trop de sébum.

Stéphane: Un vrai adolescent Gilles Surchat.

Gilles: Non j’ai trente-cinq ans

Stéphane: Village voisin de Reconvilier, Loveresse (ndlr: je pensais qu’il s’agissait de Chaindon mais Vincent m’a repris. Celui-ci connaît bien le sujet puisqu’il a rédigé par le passé un article sur Grock précisément) a vu naître et grandir le célèbre clown Grock. Aimiez-vous les clowns Gilles Surchat?

Gilles: Nan ils me font peur et ils me font pleurer.

Stéphane: Vous n’êtes donc jamais allé au cirque?

Gilles: Si mais quand il y avait les clowns je fermais les yeux.

Stéphane: Donc au cirque vous aviez moins peur des lions que des clowns?

Gilles: Aux cirques où j’allais il n’y avait pas de lion.

Stéphane: A présent, abordons le sujet des animaux qui accompagnent (momentanément) votre existence: Après avoir travaillé aux abattoirs de Bourrignon, la décapitation de votre chat Tzim-Tzoum par vos voisines à cause de l’odeur, le suicide de votre lapin Pot-Pot et l’exécution très artisanale de Sim le porc dans votre baignoire pour la Saint Martin (entretemps, Gilles a avoué avoir provoqué l’explosion en vol d’un albatros à qui il avait régulièrement donné du pain à picorer) n’avez-vous pas peur que Lolita Morena vous tombe sur le poil?

Gilles: (jubilant) Ooooooooooooh j’adorerais. Je la prendrais sur mes genoux, je lui caresserais les cheveux pendant deux heures et puis après je l’endormirais. Je lui ferais un petit bisou au coin de l’œil et un sur la paupière et après je m’assiérais en face du canapé où elle serait endormie et je la regarderais dormir en souriant.

Stéphane: Vous êtes très romantique Gilles.

Gilles: Lolita Morena elle est belle!!!

Stéphane: Vous l’appréciez depuis longtemps?

Gilles: Depuis qu’elle est en photo.

Stéphane: Autre sujet qui titille notre curiosité: vous avez le permis de conduire depuis peu de temps. Le test de la vue s’est-il bien passé?

Gilles: (étonné par la question) Oui, oui pas de problème pourquoi?

Stéphane: C’est bientôt la fête de Noël Gilles Surchat. A cette occasion avez-vous des projets ou des vœux particuliers à formuler?

Gilles: Oui j’ai le projet de fêter Noël chez moi avec plein d’amis. Je vais acheter plein de cadeaux et j’espère qu’ils seront d’accord de venir les ouvrir. Et puis mes vœux pour l’année 2013 c’est qu’il y ait à nouveau les Jeux Olympiques.


Découvrez les 120 secondes de Couleur3


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