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Portrait
P’tit Buesch devenu grand!

Tous ceux qui ont 30 ans cette année ont tous en tête un souvenir avec lui. Ceux qui ont plus de 30 ans lui doivent peut-être quelques cheveux blancs et les plus jeunes en ont sûrement déjà entendu parler!

Par RM, le - Ed. 15

Et pour cause! Si quelqu’un à Moutier a su rassembler, toucher et mobiliser plusieurs générations de prévôtois, c’est bien lui. Tantôt punk, tantôt poète, tantôt révolté, tantôt apaisé, il est et restera à jamais dans la mémoire collective prévôtoise. Ce mois-ci Le Petit Jurassien vous propose un portrait d’une bonne graine devenue encore meilleure: Cédric Bueschlen.

Un parcours tout tracé

Cédric est né le 17 juillet 1973 à Moutier. Dès son plus jeune âge, «le Bubu» montre beaucoup d’intérêt pour le sport. Il organise d’ailleurs des tournois de hockey inter-quartiers, qui sont devenus célèbres avec le temps.

A l’école Cédric est bon élève, pas premier de classe ni cancre adossé au radiateur. Un enfant appliqué, curieux, ouvert et souriant.

Alors que d’autres rêvent de camion de pompier, de voyage sur la lune ou de carrière de footballeur international, Cédric, lui, aspire à devenir artiste-peintre. Une vocation qui en dit déjà long sur le caractère unique du «p’tit Buesch».

A la fin de sa scolarité obligatoire, Cédric entreprend des études, tout d’abord à l’Ecole de Commerce de Delémont puis à l’Ecole Prévôtoise, mais sans réelle conviction. C’est lors d’un stage au centre culturel de Moutier qu’il découvre sa véritable vocation: animateur socio-culturel.

Il faut dire que c’est un métier qui lui va comme un gant: patience, communication, sympathie et engagement sont de rigueur, des qualités que «le Bubu» possède, et qu’il compte bien mettre au service de la jeunesse prévôtoise.

En 1997, après quelques années de relachement, le centre de jeunesse ré-ouvre ses portes, avec à sa tête Cédric Bueschlen, bien décidé à faire bouger les choses.

Le succès est immédiat, les jeunes sont au rendez-vous dès le début, et une multitude d’activités leur est proposée: danse, peinture, musique, camp de ski, contest de streetball, appui scolaire, recherche d’emploi, caméra cachée, anniversaire, soirée cinéma, boum… Cédric est à disposition pour tous et tout le temps et jamais ne rechigne à filer le «coup de patte» afin d’aider un jeune en difficulté.

Un engagement tel qu’il ira jusqu’à payer des instruments de sa poche pour permettre à des jeune de s’initier à la musique.
D’autres s’engageront à ses côtés afin de recréer le fameux Groupement Culture Rock (G.C.R) dont Cédric était membre fondateur.

Malgré le fait qu’il ne soit engagé qu’à 50% par la commune pour ce poste, la disponibilité de Cédric à cette époque frise le 24h/24h. Heureusement ce temps partiel lui permet de s’adonner à ses nombreuses passions telles que le bateau l’escalade ou encore la musique.

Une passion pour cette dernière qui l’avait d’ailleurs poussé à monter un groupe de punk avec quelques copains: les Swiss Product. Formé en 1991, le groupe était composé de Vincent Caso à la batterie, Claude Babey et Philippe Aeschbacher aux guitares, Cédric Erard à la basse et Cédric Bueschlen au chant. Une aventure qui ne laissera pas un souvenir impérissable aux mélomanes avertis, d’après certains témoignages des ex-membres du groupe!

Mais qu’importe, c’est l’intention qui compte et si quelqu’un a su en mettre dans chaque petit geste de sa vie c’est bien Cédric.

Quelqu’un de simple, se contentant de peu pour être heureux, aimant les gens et passant énormément de temps avec eux, «le p’tit Buesch» ne se méfiait de personne et payait souvent cher son innocente naïveté.

Mais en dépit de quelques revers, jamais Cédric n’a perdu ses illusions ou n’est devenu aigri. Ce malgré la quantité de «crasses» que les jeunes et moins jeunes ont pu lui faire subir.

Mais comme toutes les belles histoires ont une fin, la nôtre ne fera pas exception.

En Septembre 1999, peu après que la commune aie décidé de détruire la mythique ancienne Halle de la Poste, elle ferme le centre de jeunesse, mettant ainsi un terme à la carrière naissante d’animateur socio-culturel de Cédric Bueschlen.

Comme à son habitude, le jeune prévôtois ne s’est pas laissé abattre et entreprend alors des démarches pour entrer à l’HETS (Haute Ecole de Travail Social) à Genève.

Malheureusement tous ses beaux projets seront brutalement stoppés le 17 janvier 2000; Cédric nous quitte subitement suite à un accident de voiture.

Un départ aussi soudain qu’inattendu qui laisse toute une communauté sans voix, avec juste une phrase qui revient sans cesse en tête: «C’est toujours les meilleurs qui partent en premier».

Une phrase qui prend tout son sens lorsqu’on a connu et côtoyé Cédric Bueschlen.

Il était clairement l’un des meilleurs d’entre nous; toujours souriant, jamais pressé, disponible, proche des gens, simple, pacifique et attentif.

Tel est le souvenir que chacun garde de lui car c’est comme ça qu’il était, comme ça qu’il a vécu.

Salut à toi petit agité…


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