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Portrait
Popey Tennis School

Tout le monde connaît «Le» Popey, comme on dit chez nous. Pour son assiduité à fouler les courts de tennis jusqu’à pas d’heure et pas d’âge, mais également pour sa générosité et son engagement. Ils sont nombreux les gosses à avoir tapé leurs premières balles sur son terrain du centre-ville. Comme l’a écrit Stendhal: «La vocation, c’est avoir pour métier sa passion». Récit d’une vie dédiée à l’amour du sport et aux autres.

Par EM, le - Ed. 7

«J’ai vécu pour et par le sport», voilà qui plante d’entrée le décor de cette rencontre avec une figure emblématique de la Prévôté. Jean-Pierre Chevalier, de son vrai patronyme, est né à Moutier le 30 mars 1941. Oui, on ne dirait pas en le voyant encore si fringant, mais votre calcul est juste. Après sa scolarité et un apprentissage de mécanicien chez Pétermann, Jean-Pierre a officié durant dix-huit au Service du gaz de la ville. Sans doute une révélation pour certain, mais non, il n’a pas toujours été professeur de tennis: «J’aurais voulu être professeur de sport, mais à l’époque, en Suisse, c’était comme dire: je veux être poète». Il se rattrapera…

Le football

C’est d’abord sur les pelouses de football que Popey fera trembler les filets. Pourquoi «Popey» au fait? «Personne ne le sait. Comme nous étions beaucoup de Chevalier, on nous attribuait des sobriquets pour nous différencier. On m’a toujours appelé comme cela». Aucun rapport avec le marin et les épinards donc, mais finalement ce petit nom lui va plutôt bien. Après une formation chez les juniors du FC Moutier, talentueux, il sera à sa majorité appelé à défendre les couleurs de la première équipe militant en première ligue régionale. Puis, ayant déjà le goût du coaching, c’est en tant qu’entraineur-joueur qu’il poursuivra sa carrière: «J’ai dû demander une dérogation pour pouvoir suivre une formation d’entraineur avant d’avoir atteint mes vingt-deux ans». C’est avec Courtételle qu’il connaitra sa plus belle réussite: «La montée de troisième en deuxième ligue avec le FC Courtételle est mon plus grand souvenir footballistique». Il jouera jusqu’à l’âge de quarante-cinq ans en actif. Déjà au foot, il était éternel.

Le tennis

Puis sa carrière sportive s’épanouira sur d’autres surfaces. Peut-être un petit scoop, il y eu la glace parmi celles-ci. Dans les années soixante, il patinerait en deuxième ligue avec le HC Crémines. Puis, c’est presque un hasard qui déterminera la tournure que prendra par la suite son existence tout entière: «J’étais en vacances en Italie et il y avait un court de tennis dans l’hôtel. Je suis tombé amoureux de ce sport. J’avais trente-trois ans». Quelques années plus tard, il en est aujourd’hui à près de 1’000 matches de compétitions, avec à la clé une médaille de bronze aux Championnats suisses catégorie Seniors en 2002. Notre tennisman a par ailleurs été sacré dans toutes les épreuves organisées dans le cadre des Championnats du club du TC-Moutier. Seul le double dame lui échappe encore. Au sommet de son art, il fut classé R4. A l’heure actuelle, sa licence affiche encore un classement R6.

Cela force l’admiration, mais quel est son secret? «J’ai toujours été un sportif, cela aide à se maintenir en forme et avec une bonne condition physique, tu gardes la classe. De plus, j’ai toujours eu l’hygiène de vie adéquate. Pour moi c’est logique, sinon c’est comme vouloir être écrivain et se couper les doigts». Ace, tous ces élèves ne peuvent pas en dire autant…

Son école

Et comme l’homme ne fait pas les choses à moitié, après avoir obtenu ses diplômes d’entraineurs, de cette passion et de ce plaisir d’enseigner est née une école de tennis, la «Popey Tennis School», en 1979. Son célèbre terrain d’entrainement se trouvait dans la propriété du dentiste Neuhaus, rue de l’Hotêl-de-Ville, en plein cœur de Moutier. La montée au filet est gagnante. Nombreux ont été les joueurs à fouler cette terre battue au milieu d’un luxuriant jardin. Un endroit calme qui a vu le plaisir, les frustrations et les progrès d’un nombre incalculable d’aspirants. Beaucoup d’échanges s’y sont déroulés, et il n’était pas uniquement question de taper la petite balle jeune, mais surtout de rapports humains: «Pour moi, le moteur de ce métier est l’affectif. J’ai eu la chance de faire beaucoup de rencontres intéressantes et de partager une période de la vie de jeunes et de moins jeunes personnes. Car chez moi, c’est de sept à septante-sept ans, comme Tintin. Quand tu commences à aimer tes joueurs, tu sais qu’un jour tu les perdras, car ils auront à un moment venu d’autres ambitions que le tennis. J’ai connu leurs espoirs, leurs déceptions, leurs succès et parfois leurs échecs. Il était également très intéressant de les voir grandir et se développer et de voir les plus petit s’éveiller petit à petit. C’est une école de vie».

C’était «Le court du Popey», jusqu’il y a cinq ans.

La retraite

Depuis, il se ménage du temps pour notamment pratiquer une activité non moins exigeante, le golf: «J’ai joué avec des balles de plus en plus petites au fil du temps». Pour autant, Popey continue aujourd’hui encore son activité d’entraineur à 30 % au sein du Tennis Club de l’Avenir et du TC Moutier. De même, ils organisent toujours ses traditionnels stages «tennis-vacances» à l’Escala, sur la Costa Brava espagnole. En famille ou entre amis, sport, soleil, détente et convivialité sont au rendez-vous à l’occasion des vacances de Pâques et d’automne.

Dans le tie-break de sa carrière athlétique, mais toujours habité par le feu sacré, M. Chevalier disputera ce printemps ces trente-septièmes Interclubs dans la catégorie Seniors. Enfin, il poursuit son combat pour relancer la vie du Tennis-Club Moutier, dont il est membre d’honneur, et surtout pour assurer la sauvegarde et la prospérité de la structure du mouvement juniors.

Quand on aime… On se la joue en trois sets gagnants!


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