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Horloge biologique
Le changement d’heure fait tourner les têtes

Retour sur une particularité qui, deux fois par an, ponctue notre calendrier et bouleverse quelque peu notre quotidien par la suite. Le passage à l’heure d’été et son pendant, le retour à l’heure normal dite aussi heure d’hiver. Lumière sur cette pratique qui soulève bon nombre d’interrogations.

Par RrrA, le - Ed. 17

Dans la nuit du samedi 30 mars au dimanche 31 mars 2013, à 2h du matin, nous avons toutes et tous dû avancer nos montres et horloges d’une heure pour que celles-ci indiquent alors 3h du matin. Bien entendu, beaucoup préfèrent effectuer ce changement d’horaire obligatoire juste avant d’aller dormir, que l’on soit couche-tôt ou fêtard, afin d’atténuer au mieux l’effet de ce soudain décalage temporel. Heureusement que certains peuvent compter sur l’ «intelligence» de leur téléphone et de leur ordinateur pour effectuer ce changement automatiquement! Cette fois-ci, en passant à l’heure d’été, nous avons donc, ce que l’on dit communément, perdu une heure de sommeil. Heure que l’on ne récupérera que dans sept mois dans la nuit du samedi 26 octobre au dimanche 27 octobre. Là, à 3h du matin, nous pourrons cette fois-ci reculer nos pendules d’une heure. Il sera alors à nouveau 2h du matin et c’est reparti pour revivre les mêmes 60 dernières minutes… Ou pas finalement! Chacun mettra à profit à sa guise cette espèce d’«happy hour» que l’on soit plutôt adepte de la grasse mat’ ou plutôt des Whisky Coca!

Mais cet état de fait n’est de loin pas anodin ce qui m’inspire une série d’interrogations. Cet article sera justement l’occasion d’effleurer quelque peu ces questionnements. Vous pourriez être surpris!

Pourquoi avoir inventé l’heure d’été? Qui y a pensé?

C’est Benjamin Franklin qui, en avril 1784, évoque pour la première fois la possibilité de décaler les horaires afin d’économiser de l’énergie. L’idée reste cependant sans suite et n’est reprise qu’à partir de 1907 par le Britannique William Willet qui démarre une campagne contre «le gaspillage de la lumière». L’Allemagne est la première à instaurer ce changement d’heure le 30 avril 1916 et est rapidement suivie par les Anglais le 21 mai 1916.

Comment se fait-il que ce changement d’horaire peut-il être sujet à controverse?

Pour économiser de l’énergie alors? Louable comme objectif. On se dit qu’aujourd’hui plus que jamais cet argument reste valable. Cependant, ce qui pourrait apparaitre comme une évidence attise au contraire de vifs débats qui ne datent pas d’hier. Il y a clairement les partisans de l’heure d’été et leurs adversaires… Ah oui, et il y a aussi ceux qui s’en foutent complètement bien entendu mais eux ne font de remous qu’au bar.

Les défenseurs du changement d’horaire et donc de l’heure d’été avancent principalement les économies d’énergies et d’argent comme objectifs. On retrouve, entre autres, très souvent les Etats comme c’est le cas pour la Suisse. L’Union européenne y joue d’ailleurs un rôle important dans l’harmonisation de ces horaires. De l’autre côté, les réfracteurs à l’horaire d’été et les défenseurs de l’horaire unique, toute l’année. Ces derniers avancent comme arguments d’autres préoccupations d’ordre principalement sanitaires cette fois-ci. Selon eux, les économies d’énergies que l’on parvient à faire ne sont de loin pas suffisantes pour justifier le dérèglement qu’occasionne ce changement chez les êtres vivants, hommes comme animaux. Et oui, cette heure d’été n’a pas fini de faire couler de l’encre!

Qu’en est-il de l’histoire de ce changement d’horaire en Suisse?

Si on se penche un instant sur la Suisse et l’histoire de cette pratique, on remarque que cela n’a jamais été un long fleuve tranquille bien au contraire. Le Conseil fédéral avait déjà introduit l’heure d’été durant la 2ème Guerre mondiale, en 1941-42, dans le but de réaliser des économies d’énergie. Le résultat ne correspondant pas aux attentes, il avait stoppé l’exercice en 1943.

Dans les années 1970, l’Italie et la France ont réintroduit l’heure d’été, en réponse notamment à la crise pétrolière de 1974. Dans la foulée, le Conseil fédéral a présenté un projet de loi qui lui octroyait la compétence de réintroduire cette mesure. Les milieux agricoles ont alors déposé un référendum, argumentant que les vaches ne pouvaient pas subitement être traites une heure plus tôt. Et ils ont eu gain de cause: la loi a été refusée en votation populaire par 52% de «non» le 28 mai 1978. Et un échec à mettre apparemment à l’actif des vaches… elles ont bons dos ces pauvres bêtes!

Lorsque l’Allemagne et l’Autriche sont aussi passées, en 1980, à l’heure d’été, la Suisse est toutefois devenue un «îlot temporel», ce qui compliquait sérieusement l’élaboration des horaires des transports. La même année, le Conseil fédéral a alors proposé sa loi une seconde fois, mais le référendum n’a cette fois-ci pas abouti. Mais les critiques subsistent. Depuis 1981, la population suisse avance ainsi ses montres et horloges d’une heure le dernier dimanche de mars et les retarde le dernier dimanche d’octobre. Jusqu’en 1996, le changement s’effectuait fin septembre. Une initiative visant à abolir l’heure d’été, lancée en 1982 notamment par Christoph Blocher, n’a pas récolté suffisamment de signatures. Mais les critiques ne se sont pas tues pour autant: selon ses adversaires, l’heure d’été n’apporte aucune économie d’énergie et perturbe l’organisme des être humains et des animaux.

De nos jours, tout le monde passe-il à l’heure d’été?

Non, ce sont principalement les pays se situant dans l’hémisphère Nord entre le tropique du Cancer et le pôle. D’après un calcul entre durée du jour et de la nuit sur une année, cela représente une majorité des pays pour qui ce changement pourrait en valoir la peine et être, sans rentrer de nouveau dans les sempiternels débats, bénéfiques. Cependant, il est intéressant de noter que depuis l’abandon des changements d’heure en Chine depuis 1992 et en Russie depuis 2011, la majorité de la population mondiale garde son heure légale constante toute l’année!

Et les cas insolites qui peuvent découler de ce changement biannuel?

Concernant les cas insolites qui peuvent survenir du fait de passer à l’heure d’été ou de revenir à l’heure normale, c’est-à-dire l’heure d’hiver, là je pense que tout le monde pourrait alimenter cet article d’anecdotes plus croustillantes les unes que les autres. Je compte sur vous! En ce qui me concerne, j’ai plutôt fait le choix de retenir deux curiosités pour vous. La première au moment du passage à l’heure d’été. Vous n’avez jamais donné rendez-vous à quelqu’un à 2h30 par exemple? Moi si. Et comme cette heure n’existe pas, cette personne m’attend peut-être encore. Ok c’est un peu machiavélique mouhahaha! Et l’autre se déroule au retour à l’heure d’hiver. Savez-vous ce qui se passe quand un bébé nait à 2h23 par exemple? S’il nait avant le recul d’une heure, il sera né à 2h A 23 min. Si c’est après, ce sera 2h B 23 min. J’imagine si ça avait été mon cas. Ça c’est de l’anecdote à raconter! Enfin, pas autant que si j’étais né un 29 février!

Une astuce pour ne pas se tromper?

Ah oui! Et pour celles et ceux qui n’arrivent jamais à se souvenir quand est-ce qu’on doit avancer ou reculer d’une heure, gardez ceci précieusement en tête. Le mot «octobre» se termine par «re» donc il vous faudra «re»culer d’une heure à la fin du mois d’octobre. Le dernier dimanche du mois pour être précis. Voilà, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas!

 


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