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Aventure
Geocaching, chasse aux trésors des temps modernes

Explorateurs émérites ou promeneurs du dimanche, si votre soif de découverte est intacte alors restez avec moi car j’ai exactement trouvé ce qu’il vous faut: le geocaching! Véritable chasse aux trésors réadaptée à l’air du temps, ce loisir s’appuie sur le système de positionnement par satellites pour vous guider là où le cœur vous en dit, là où se trouve le magot. Une activité destinée à être partagée mais que vous pouvez pratiquer en ermite si ça vous chante. Alors à vos GPS et à vos smartphones! 1, 2, 3, c’est parti pour l’aventure!

Par RrrA, le - Ed. 18

Ne vous est-il jamais arrivé de vouloir vous glisser, ne serait-ce qu’une fois, dans la peau d’un pirate à la recherche d’un trésor? Moi si, je vous l’avoue. Ressentir ce que ça fait d’avoir entre mes mains cette fameuse carte confessant l’existence d’un magot. Et ce «X», marquant toujours l’emplacement. Etre titillé dans ma curiosité au point de me sentir comme investi d’une mission… d’une quête, je dirais même, qu’il me faudra mener à bien pour pouvoir répondre à toutes les questions qu’éveillera en moi ce vieux morceau de papier chiffonné. La première, vais-je empocher le pactole lorsque je serai arrivé à destination? Logique. Quelques instants plus tard sans doute, par où est-ce que je dois partir vu que le petit malin qui a dessiné ce chef d’œuvre a oublié d’indiquer le Nord? Et remarquer, après mûre réflexion, que sans boussole, au final, je m’en fiche pas mal du Nord! Sans oublier – comment oublier? – celle qui reviendra à coup sûr comme une vieille rengaine. Celle qui atteindra l’apogée du dramatique quand mon esprit aura décidé de jouer à la corde à sauter avec la limite entre raison et folie: «Mais merde! Il est où ce p**** de trésor?!? Et quelle délivrance, quelle joie dès le moment où j’aurai enfin mis la main sur le Saint Graal!!! Mais bien évidemment ce n’est qu’un rêve…

Le «geocaching» ou comment réaliser un rêve de gamin

Un rêve devenu réalisable lorsqu’un dimanche de printemps, deux amis à moi m’ont parlé du superbe après-midi qu’ils avaient passé à faire du «geocaching». L’enthousiasme qu’ils communiquaient et les petites étoiles dans leurs yeux m’ont vite fait comprendre qu’ils tenaient là un nouveau loisir qui méritait d’être connu. J’ai retenu alors de leurs premières explications qu’il s’agissait d’une espèce de chasse aux trésors que l’on pratiquait à l’aide d’un GPS et accessoirement d’un smartphone. Que les «trésors» étaient en fait des bibelots sans intérêt – sur ce point-là, il fallait pas rêver! – enfermés dans des «caches». Que ces «caches», contenants de différentes tailles, pouvaient être planquées un peu n’importe où par d’autres joueurs et que le but était justement de les trouver à l’aide des coordonnées GPS qui étaient fournis par ces derniers sur le site internet de référence de ce jeu communautaire, geocaching.com. L’idée étant de laisser une trace de son passage sur le journal de bord de la cache et d’éventuellement déposer un trésor et ainsi avoir la possibilité de repartir avec un autre. Et ainsi de suite.

A la suite de recherches plus approfondies sur le sujet, j’ai appris entre autres qu’on pouvait logiquement créer ses propres caches. De plus, j’ai découvert qu’il existait plusieurs autres déclinaisons de ce loisir. De quoi varier les plaisirs! Par exemple, une qui se base sur des énigmes permettant aux geocacheurs de calculer la localisation de la cache. Une autre qui consiste à se rendre au point de départ, la première cache, et de remonter la piste composée de tous les points de passage menant à l’étape finale et ceci soit à l’aide de coordonnées géographiques soit d’indices. Bref, il y en a pour tous les goûts. Autre chose, certaines caches peuvent recéler une (ou plusieurs) travel bug (en français «bête voyageuse»), généralement une figurine accompagnée d’une note de son propriétaire indiquant un objectif, par exemple aller jusqu’à Los Angeles et revenir au point de départ. Libre ensuite aux géochercheurs (autre manière d’appeler ces adeptes) trouvant la cache de contribuer au parcours du travel bug, qui possède souvent un identifiant spécifique permettant de suivre son trajet dès que le géochercheur le saisit sur un site communautaire participant. Pareil pour un autre type d’objet populaires chez les initiés, les «géopièces » (appelées en anglais geocoins) qui sont des pièces frappées pour l’occasion sans valeur fiduciaire ni numismatique et ayant souvent un numéro de série.

Etant bien briefé, il ne me restait plus qu’à passer à l’acte ce que j’ai fait. Un après-midi ensoleillé accompagné d’un habitué m’a suffit pour tomber sous le charme de cette activité de plein air. Je garderai de ma première cache un souvenir impérissable.

Connaitre le chemin, c’est bien. L’arpenter, c’est mieux.

Je me rappelle très bien. Muni d’une paire de chaussures me permettant de couper aisément à travers champ, je me rends chez un ami geocacheur afin qu’on choisisse ensemble ma première cache qui fera office pour moi de «dépucelage». Ni une ni deux, on en sélectionne une se trouvant à quelques kilomètres mais en pleine forêt, là où aucune route ne mène. La «promenade» promet d’être idyllique. GPS de randonnée, smartphones et stylos en poche, nous traçons la route dans le but de se rapprocher un maximum de notre objectif.

C’est en abandonnant la voiture au bord de la route et en nous engouffrant dans un champ sans chemin ni trace que je comprends alors qu’on ne pourra se fier qu’à nos instruments et à notre sens de l’orientation… enfin surtout à nos instruments! La première barrière enjambée, tout un symbole. Le premier ruisseau franchi et je me sens comme le plus expérimenté des explorateurs. Rien ne me résiste. Le deuxième cours d’eau traversé, la première chaussette trempée! Pas grave, la balade en vaut la peine. Nous montons, encore et encore. Je passe sous une branche, prend appui sur une autre pour m’aider dans mon ascension. Et là, tout à coup, je tombe nez-à-nez avec un spectacle que seule la nature aurait pu m’offrir. En contre-haut, un ruisseau jaillit de l’intérieur d’une grotte et s’écoule devant nous en formant de petits bassins en palier tapissés d’une mousse verdoyante. C’est fou ce que la nature fait bien les choses quand on la laisse faire!

En nous rapprochant de l’entrée de la caverne, dans une cavité d’une des parois extérieures, j’aperçois, dépassant à peine d’un amoncellement de pierres, ce que nous somme venus chercher. Une petite boîte officielle style Tupperware composée du traditionnel journal de bord, de l’indispensable stylo et de toutes les babioles qui sont autant de trésors… ou pas. On dit souvent que le bonheur est une trajectoire et non pas une destination. A ce moment précis, je comprends que ce que renfermait la cache était au final bien moins important que le bon moment passé à la chercher puis la trouver. Mon ami note notre passage, dépose un objet dont il pourra suivre le trajet et nous rebroussons chemin. L’aventure prend alors véritablement fin lorsque nous apercevons au loin notre véhicule parqué en bordure de route. En retournant à la civilisation, c’est alors le souvenir d’une journée pleine de sensations que je garde. Vivement la prochaine!

Un geocacheur averti en vaut deux!

Avant de vous lancer ou non dans le geocaching, il est encore important de souligner certains points pour vous faciliter l’apprentissage de cette pratique. Premièrement, si vous ne pouvez pas vous empêcher de jeter vos ordures par terre ou s’il ne vous serait pas possible d’aller de cache en cache sans saccager quoique ce soit sur votre passage, alors ce loisir dont la philosophie se trouve aux antipodes de ce genre de comportement n’est définitivement pas fait pour vous. Ensuite, côté matériel, tâchez d’acquérir un GPS de randonnée si possible car votre smartphone ne fera plus l’affaire le jour où vous ne capterez plus de réseau. De plus, veillez véritablement à toujours avoir un stylo et un téléphone avec vous. Ce dernier vous sera également très utile en cas de pépins… enfin toujours s’il y a du réseau. Enfin, il ne vous reste plus qu’à vous inscrire sur le site geocaching.com et de tenter l’aventure. Le site et la documentation s’y trouvant sont disponibles en plusieurs langues y compris en français ce qui est très agréable. Ils existent une multitude de caches à travers le monde et adapté à tous les niveaux. Il est bon à savoir également qu’une partie des caches ainsi que la possibilité d’enregistrer ses propres caches et ses propres objets seraient, semble-t-il, réservées aux membres Premium. En contrepartie, ces derniers paieraient 30 dollars par an. Argent allant d’une part, dans le développement du site et d’autre part, dans des actions environnementales. Maintenant que vous avez toutes les données en mains, seriez-vous capable de jeter la carte au trésor à la poubelle… ou pire, par terre?


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