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Portrait
Père de champion à plein temps

Dans le monde du motocross, Kevin Gonseth, n’est plus à présenter. Depuis près d’une quinzaine d’années, il squatte les places d’honneur des championnats et des compètes dans les catégories reines, au niveau national. Sportif exemplaire, battant remarquable, il force l’admiration par sa combativité, sur les circuits s’entend. Mais un homme travaille dans l’ombre de ce champion, celui qui lui a inoculé le virus et qui se démène comme un diable dans un bénitier pour que son étoile brille au firmament des courses: son père, Jean-Marie, 55 ans. Portrait d’un géniteur dévoué et toujours présent.

Par Cégé, le - Ed. 27

Pas facile à contacter, Jean-Marie Gonseth. Son vieux Natel trône inlassablement sur la table dans le garage qui sert d’atelier à Eschert, et il y répond rarement. Un SMS? Essayé, mais s’il n’y a pas un pote de son gosse pour lui dire comment le lire, on fera chou blanc. Mais ça n’enlève rien à sa gentillesse et à sa sympathie, il est comme ça, voilà, ce n’est pas un geek.

Cabossé par la vie

Enfance et écoles passées à Eschert, il entreprend ensuite un apprentissage de maçon. Et voilà qu’un jour, devant la gare aux marchandises, au volant de son boguet, il négocie mal un virage et entre de plein fouet dans une voiture. Résultat: bassin, hanche, bras, pieds cassés, fracture du crâne et vessie percée. Rien que ça! Cet épisode lui vaudra un séjour de trois mois à l’hôpital de l’Isle à Berne. Une fois remis, il reprend son métier de maçon pendant une vingtaine d’années malgré quelques séquelles. Mais jugé trop peu performant, il sera congédié et retrouvera du boulot en usine pendant trois ans. Pas de bol, il reçoit une lourde barre de fer sur son pied valide, ce qui le laisse infirme. C’est depuis cet instant qu’on repère sa silhouette typique, traînant une guibole sur son scooter et boitant sérieusement, ce qui n’altère en rien sa bonne humeur. Jean est à l’AI depuis 2002.

Tout pour junior

Il se marie à Brigitte et à 30 ans, devient le papa de Kevin, né le 1er janvier 1990. Toujours intéressé par les 2 roues motorisées, Jean-Marie sent la passion monter chez son rejeton. A 9 ans, il participe à sa première course, et à 10 ans, il devient le plus jeune champion suisse en catégorie 65 cm3. Suivront quelques années de blessures, puis il progressera en flèche pour le plus grand plaisir du papa qui ne compte ni ses heures ni ses peines pour que son ado, puis adulte, réussisse la carrière que l’on connaît. Mais c’est bien le paternel que l’on veut évoquer au travers de ces quelques lignes. Présent à chaque course, sa dévotion à son fils et au motocross est totale. Il s’occupe des relations publiques et des contacts, de l’entretien et du nettoyage des véhicules (sauf la mécanique), tisse des liens d’amitié avec tous les potes du fiston qui lui filent un coup de main. Enfin bref, il est l’homme à tout faire et il le fait bien.

Travail d’équipe

La famille, dont la maman suit également les courses et évolutions de son champion de fils, habite à Moutier. Kevin devrait hériter la maison de sa tante à Eschert qu’elle met à disposition pour entreposer les motos et les caravanes nécessaires aux déplacements de l’équipe. Car il faut une infrastructure adéquate pour la compète à ce niveau. Les Gonseth ont la chance de pouvoir compter sur une foule d’amis, notamment pour les problèmes mécaniques, avec le fraîchement retraité Stéphane Bessire, Jonathan Ruch ou Camille Spart. Roulant jusqu’à présent chez Suzuki, qui s’est retiré pour des soit disant raisons financières, Kevin, qui court en MX1 450, a signé depuis cette année chez Yamaha qui lui a fait un pont d’or en l’engageant comme pilote officiel au vu de son palmarès. Cela fait 4 ans que la marque attendait cette opportunité. Tout a été possible grâce à Charly Tonus de Genève, dont le fils Arnaud fait la course en tête au championnat du monde. Yamaha a par ailleurs fourni tout dernièrement une fourche et des amortisseurs d’usine introuvables dans le commerce.

Altruiste et convivial

Mais revenons à Jean-Marie. De tout temps, il a soutenu tout ce qui se passe en Prévôté, à quelque niveau que ce soit, mais surtout sportif, participant à moult matches et animations. Il prouve encore sa générosité en aidant Michael Burri à organiser son souper pour le rallye valaisan du mois d’août. Mais le motocross coûte cher, entre les déplacements, l’entretien des véhicules (après une course, il faut compter près de mille balles de remise en état), les frais, etc. En plus, il ne gagne pas grand-chose au niveau pécuniaire: une course gagnée rapporte entre Fr. 200.- et 600.-. Alors le père Gonseth n’est pas avare en remerciements pour tous les soutiens dont il bénéficie pour son fiston, des sponsors indispensables aux amis et copains qui apportent tous une pierre à l’édifice du bénévolat. Pour lui, l’amitié n’est pas un vain mot. Son large entourage est prêt à en témoigner.


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Weiss Christian dit :

Salut Jean, un grand merci pour tout ce que tu fait pour nous quand ont viens aux courses mais y a aussi une personne que je veux remercier c’est ta chère et dévouée épouse Brigite vous êtes des amis des vrais amis . Kevin (le ptit) a une grande chance de vous avoir . Au plaisir de vous revoir tous a la prochaine course.
Meilleures salutations
Christian et Barbara Weiss
Préparateur physique du ptit

meuret dit :

salut Jean tu est le meilleur beaucoup aimerais avoir un père comme toi toujours le coeur sur la main

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