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La Caricature du mois
L’amourette de vacances

C'est chaque été la même histoire. La grande valse est finie, place au travail, à la reprise et à sa routine quotidienne. Mais dans la vague de déprime qui guette face aux tonnes de paperasse à se farcir, certains ont cette pointe de mélancolie qui dessine un sourire parfois triste, souvent stupide, pathétique toujours. Oui, certains sont transcendés, transportés dans des états supérieurs, loin des préoccupations professionnelles renouvelées. Pourquoi? Pour avoir chopé pendant les vacances. Eh oui, ça a même peut-être été vous le Superman des vacances de votre groupe de potes, celui dont l'ego dépasse maintenant allégrement sa propre propension à étaler ses prouesses de Don Juan de Saint-Tropez, tout ça parce qu'il a ramené quelqu'un dans sa chambre. Mais c'est pas tout. Il ou elle ne l'a pas seulement ramené, faut-il le préciser, ils ont tringlé toute la nuit, au moins 6 fois. «'Tain, mais quelle perf!» Et ensuite, ils se sont revus, c'était si chou, ils ont discuté de la météo en se faisant des bisous. Puis les vacances se sont terminées. Pour s'en rappeler et pouvoir ensuite le prouver à tout le monde, ils auront fait des selfies (mais pas à poil, quand même). L'amourette de vacances façon Ibiza, de celles qui gonflent l'ego et les amis encore deux mois après.

Par LDP, le - Ed. 29

Kiss kiss bang bang

Le P’tit Ju est mauvaise langue, c’est même un euphémisme. Mais la rentrée, on aime ça. Parce qu’on peut cracher sur tout le monde et sur tous les comportements clichés des vacances (balnéaires principalement), dont on force certes le trait, mais qui se répètent immanquablement année après année. On préfère donc avertir maintenant. On a rien contre les amourettes de vacances, c’est même plutôt beau et fragile, mais des fois ça nous rend dingue d’entendre quelqu’un immiscer son histoire de cul de façon prétendument innocente dans chaque discussion. D’autant que ça respire pas forcément la retenue et un romantisme exacerbée. Loin des rêves vendus par les traditionnels romans de gare estivaux, on retombe ici dans une description coïtale brutale et dans une salve de détails dont on se branle complètement, si vous me passez l’expression.

Il était une fois…

Pourtant, ça commence souvent bien, ces histoires. C’est incertain, on se cherche, on se toise, sans trop en donner non plus, on remplit son regard des intentions les plus nobles, et puis on se rejoint, et alors on se livre tout entier à l’exercice du charme. Enfin, on va pas vous la faire en entier. Mais c’est peut-être cet exercice-là, le plus beau, lorsque les doutes nous plombent, que le plan se doit d’être parfait, quand le regard de l’autre vient caresser finalement votre ego, avant de vous caresser tout court. L’autre disait: «faut faire durer le plaisir», mais tous n’ont pas compris que prendre son temps c’est aussi important avant d’arriver au pieu. Faut se faire mousser un peu ou pas, merde? L’histoire voudrait donc que ces deux charmantes personnes, ivres l’une de l’autre, mais point encore assez audacieuses pour se livrer enfin et complètement, s’adonnent à quelques flâneries en bord de mer, proches mais prudents, souriant à l’envie dans un café, embarrassés de souffrir de si tendres sentiments, puis se revoient le lendemain. Ouais, mais nan. T’as vraiment cru? Faut faire avancer le schmilblick.

Un coup d’un soir

Dommage, ç’aurait pu être délicieux, mais on a 30 ans de retard sur l’époque. Ici l’histoire prend un tournant bien différent. Or donc, nos tourtereaux rentrent ensemble, s’enferment, gloussent de façon idiote, et… Nan, vous avez pas envie de savoir.

Ils se séparèrent et n’eurent jamais d’enfants

Le matin arrivé (ou plutôt, l’après-midi), après avoir bien emmerdé tous les autres dormeurs en faisant grincer ces lits merdiques avec des sommiers merdiques composés de ressorts métalliques merdiques (oui, là on est un peu grincheux; frustrés?), ils se disent au revoir, et chacun repart de son côté. La nuit a été bonne, et voilà l’histoire est finie. Nan, on est quand même un peu dur. Ceux-là ont décidé de partager leurs numéros de portable. Ils vont se revoir; ils se sont revus vraiment! Mais ils avaient rien à se dire, alors ils sont retournés dans la chambre. A ce moment, on a arrêté d’écouter, parce qu’on en avait déjà plein le cul, si vous me passez l’expression. De toute façon, cette chronique sentimentale commençait à s’embourber dans le redondance. Une belle histoire en somme, avec des hauts et des bas. Une histoire d’amour, bouffie de bons sentiments, enflée de passion, et, surtout, malgré ses faiblesses narratives, racontée avec une tendresse rambobolesque.

Pas d’inquiétude. Vous la réentendrez bientôt.  


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