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Portrait
Gilles Perreten: artiste et patriote

Après la fin du championnat de hockey qui a tenu pas mal de monde en haleine et son lot de blessés, il nous est souvenu qu’un petit gars de chez nous avait payé chèrement son engagement sur les patinoires. Il était un sportif confirmé, pratiquait le foot, le ski, le hockey. Il croquait la vie à pleines dents jusqu’à ce soir du 17 janvier 1988 où, lors d’un entraînement sur la glace prévôtoise, il s’est éclaté la tête contre la bande, ce qui le laissera tétraplégique, vertèbre C5 touchée. Clin d’œil à Gilles Perreten, qui ne tient pas à ce que l’on s’étende sur son accident.

Par Cégé, le - Ed. 18

Né à La Chaux de fonds en 1969, il arrive à Belprahon, village de sa Maman Guiton, à l’âge de 5 ans avec ses deux grands frères. Il y fait ses classes primaires, puis l’école secondaire de Moutier. Il entame ensuite un apprentissage d’électricien chez Kropf, avec des projets plein la tête. Il fait toutes ses gammes de hockeyeur sous l’égide de Constantin Dumitras, novices, juniors, est assidu aux entraînements, avec l’espoir de rejoindre la première équipe, jusqu’au coup d’arrêt cité ci-dessus.

Gilles, l’artiste

Bon, il ne veut pas s’apitoyer sur sort et parler de son handicap, même si parfois quelque coup de blues le tenaille. Il veut positiver, avancer, relativiser certaines choses et en apprécier d’autres. Déjà du temps de sa scolarité, il se ressentait la fibre artistique et aimait dessiner. C’est donc cette direction qu’il suivra, et le résultat est ma foi joliment surprenant. Il peint, Gilles, en parfait autodidacte, des tableaux figuratifs, réalistes, colorés, s’inspirant quelques fois de photos adaptées à ses envies. Une technique bien à lui, sur des supports PVC recouverts de papier, souvent en grands formats. Des couleurs acryliques, pas d’huile, pas ou peu d’abstrait. Il réalise ses œuvres à l’atelier du Fono (Philippe von Niederhäusern) à Eschert. C’est son ancien prof de dessin de l’école, devenu un pote, qui le conseille, le laisse libre, ne lui impose rien, ne l’influence pas, mais l’encourage.

Gilles Perreten vit seul dans un appartement propret et lumineux où sont accrochés plusieurs de ses tableaux. Il maîtrise aussi parfaitement les outils informatiques pour tout ce qui a trait à sa vie quotidienne, e-banking, Facebook, etc, et est équipé d’un ordi dernier cri.

Belles références

Quand on peint, on aime aussi faire découvrir son travail. Quelques expos dans son village de Belprahon, bien sûr, dont une en 1998 avec des artistes confirmés comme Ignacio Ruiz, Fono, Roger Voser et Umberto Maggioni. Rien que ça! On a pu découvrir aussi ses œuvres à La Cave de Soyhières, où l’élève a rejoint le maître. Imaginez ce magnifique lieu d’exposition rien que pour Fono et Perreten, ça en jette, non? Il a également participé aux plaquettes du HC Moutier pour les 40 et 50 ans, a réalisé la couverture de deux volumes pour l’enseignement du catéchisme, et a obtenu un 2e prix dans le cadre du concours organisé pour les jeunes artistes par le Lion’s Club. Il prend part encore à l’exposition collective «Profession artiste!» lors du congrès de la Jeune Chambre économique à Montreux, à l’exposition «120 artistes» lors de la fête du Peuple jurassien à Delémont. Il aime bien aussi que les gens se rendent compte par eux-mêmes de sa progression, de son évolution et de son atmosphère colorée.

Gilles, le patriote

Il ne cache pas ses sentiments autonomistes, Gilles. «Tu l’écriras, hein, que je me suis beaucoup impliqué dans le contexte «construire ensemble»! Il a par ailleurs dessiné l’affiche de la 20e fête de l’Unité et invite à voter oui le 24 novembre prochain. «Tu te rends compte qu’on pourrait représenter 50% dans une entité jurassienne à la place de moins de 5% dans le canton de Berne? Y a pas photo, surtout que le Conseil du Jura bernois ne peut prendre que des décisions culturelles. On a vraiment besoin d’autonomie». Suivent ensuite des explications sur la représentation de la région dans les différents conseils. Mais laissons là ces théories qu’on découvrira à foison dans tous les communiqués de ces prochains temps. Souhaitons-lui encore de belles heures derrière ses pinceaux et une reconnaissance justifiée pour son travail, ce qu’il mérite amplement. Bon vent, l’artiste!


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